| L'effigie dénomée "L'homme de l'ombre". |
Les auteurs du panneau et de l'effige :
Le panneau est une réalisation collective avec en autre la participation du C.A.U.E., qui signifie : Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement, quant à l'auteur de l'effigie "L'homme de l'ombre" elle est L'oeuvre de Christophe JOLY (Architecte Conseiller DRAC).
Rappel : Le CAUE a pour rôle de préserver et promouvoir la qualité architecturale et paysagère de son département. Le C.A.U.E. de la Nièvre informe et sensibilise le public ainsi que les scolaires lors de diverses interventions : colloques, expositions, diaporamas, etc. Aide et oriente les particuliers dans leurs projets de construction. Assiste et conseille les collectivités locales dans leurs démarches d'aménagement urbain, paysager, foncier, architectural... Les C.A.U.E. sont des organismes départementaux créees par la loi du 3 Janvier 1977 sur l'Architecture. Leurs statuts sont très proches de ceux des associations 1901.
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Voici le texte du panneau commémoratif du maquis Bernard
concernant la mise en place d'une effigie dénomée "L'homme de l'ombre"
en mémoire à tous les résistants du maquis.
I - LES ORIGINES DU PROJET :
Pendant la dernière guerre mondiale, la commune d'Ouroux en Morvan abrita le plus important maquis du Morvan : le maquis Bernard du capitaine Louis Aubin et de Joseph Pelletier. Le maquis s'était établi dans les bois de Coeuzon et couvrait une zone triangulaire allant du pont du Boulard (entrée nord ouest) à la Verrerie (D37) et les bois Villiers. Dans cette zone, et plus particulièrement entre Coeuzon et le hameau la Verrerie, on comptait des maquisards, des britanniques appartenant au SAS, des agents de l'Etat Major de la Résistance Nivernaise mais également une infirmerie, une prison, différents campements, etc. L'ensemble de ces combattants formait ainsi une véritable petite armée secrète et redoutable. L'importance du maquis, tant par ses effectifs que par les actions qu'il mena, permit ainsi à la commune d'Ouroux en Morvan d'être préfecture de la Nièvre au cours de l'été 1944, car cette partie du territoire fut libérée avec le reste du département. Le sacrifice de ces jeunes hommes et femmes pour un idéal commun, celui de la liberté et de la souveraineté, n'a pas été vain.
Aujourd'hui, alors que les cérémonies de commémoration se déroulent chaque année, on constate une représentation de moins en moins prononcée des anciens du maquis due à la disparition progressive. Une partie de la mémoire vivante des évènements tragiques qui sont survenus sous l'occupation disparaît peu à peu. La commune ne pouvait pas laisser s'effacer progressivement l'image de ces hommes et de ces femmes morts pour la nation. Elle a donc entrepris une réflexion au cours de l'automne 1999 en liaison avec l'amicale du Maquis.
Le projet poursuit deux objectifs prioritaires. Le premier consiste à informer et renseigner sur le maquis (site, hommes, actions, conséquences...) afin de conduire chacun d'entre nous (population résidente, touristes et gens du passage) à un devoirs de mémoire, c'est-à-dire se souvenir du passé. Le second est d'être un repère symbolisant la résistance ou l'oppression sous toutes ses formes.
II - LE PROJET :
Informer et renseigner chacun d'entre nous, oui, mais surtout sensibiliser, émouvoir et faire réfléchir tous ceux qui circulent à proximité du site.
L'élément de signalétique proposé, par sa forme géométrique (1.50 m sur 3 m) et sa couleur rouille, se détache de la verdure. Il est situé au carrefour du pont du Boulard (intersection de la voie départementale n° 977 bis et de la voie communale n° 20 qui mène au maquis.
Les dimensions du panneau commémoratif ont été dictées par la volonté de représentation à une échelle quasi-humaine d'un maquisard. (Échelle légèrement supérieure à 1).
Le concept du projet est le suivant : les maquisards étaient en communion permanente avec la végétation qui leur permettait de se cacher et donc de pouvoir, à l'abri des regards ennemis, se réunir et constituer une armée secrète, une force de Résistance.
L'idée de découpe du profil du maquisard dans cette plaque d'acier rejoint le besoin de montrer la communion qui existait entre les hommes et la nature. Le Maquisard est implanté en premier plan, légèrement décalé par rapport à la plaque d'acier évoquant ainsi le concept de mimétisme, de cache, de disparition.
Le Maquisard est présent, puis au deuxième plan il n'y est plus ou sa silhouette seulement, laissant place au végétal.
Le matériau choisi est une plaque d'acier auto-patinable, d'aspect rouillée. L'acier évoque la force, la résistance, le combat.
La rouille évoque les conditions difficiles dans lesquelles tous ces maquisards se sont retrouvés : elle évoque également le sang, le danger, le passé (l'érosion).
III - LE MATERIAU :
L'acier auto-patinable "indaten".
Charme de la matière brute, force, solidité, pérennité, variations de la couleur, noblesse du matériau sont des concepts qui caractérisent l'acier auto-patinable. Il tire son nom du principe de protection contre la corrosion que procure la formation d'une fine couche d'oxyde imperméable couleur brun rouille qui se forme lorsque le métal est exposé à nu aux intempéries.
Ce phénomène est obtenu grâce à l'addition à l'acier d'un très faible pourcentage de cuivre, de nickel et de chrome.
Les aciers auto-patinables sont des aciers faiblement alliés qui présentent une résistance accrue à la corrosion atmosphérique grâce à la formation d'une couche superficielle d'oxyde appelée « patine ».
Cette couche de patine très adhérente a un aspect finement grainé. Sa couleur fruit du mécanisme d'oxydation, sa métamorphose est à l'initiative du processus. A partir d'une couleur orangée, la teinte évolue lors de la stabilisation de la corrosion vers une couleur marron glacée en passant par diverses nuances de brun.